De fait lécriture elle-même multiplie les formules qui marquent limpossibilité que les choses se passent autrement, essentiellement par lusage des propositions consécutives et des négations: De ce fait, il est essentiel d apprendre à se masquer, à dissimuler ses émotions. Par exemple, alors que la princesse écoute le récit que lui fait la Reine Dauphine dune aventure concernant Nemours, est introduit ce commentaire : Madame de Clèves se mit à genoux devant son lit et, par bonheur pour elle, elle navait pas le jour au visage, ce qui lui permet de cacher son embarras. Lorsque le duc entre dans la pièce, il est pris à témoin par la Reine Dauphine : Regardez-le, regardez-le, et jugez si cette aventure nest pas la sienne. Il éprouve alors une si grande confusion de pensées bizarres quil lui fut impossible dêtre maître de son visage et nous notons leffort nécessaire pour se reprendre : Cependant, M. De Nemours, revenant de son premier trouble, et voyant limportance de sortir dun pas si dangereux, se rendit maître tout dun coup de son esprit et de son visage. Lance-toi, ça te prendra une après-midi à tout casser, et tu vas passer par des émotions très intenses! Princesse de cleves rencontre avec le duc de nemours la princesse de clèves rencontre avec le duc de nemours Ligne 11 à 13..admiration : la princesse vue par le duc. Ils éprouvent la même réaction quand ils sont confrontés lun à lautre. Ainsi, lintrigue de La Princesse de Clèves prend place dans un cadre historique, à la cour dHenri II ; lauteure sintéresse à la psychologie des personnages ; et lœuvre se caractérise par une forme brève et par un style recherché et soutenu. Dans cet extrait, Mme de Clèves, récemment mariée, se rend à un bal donné à la Cour lors duquel elle fait la connaissance de M. De Nemours. Mlle de Chartres joue à merveille son rôle de dame dhonneur de la princesse Dauphine dont elle devient la confidente. Elle reste extérieure à ces dialogues de convenance que Mme de La Fayette utilise avant tout pour insérer dans louvrage des éléments historiques et lui donner un semblant de couleur locale. Toutefois, la jeune fille y prend directement la parole pour la première fois afin de rassurer la dauphine sur son avenir amoureux : Mademoiselle de Chartres dit à la reine que ces tristes pressentiments étaient si mal fondés quelle ne les conserverait pas longtemps, et quelle ne devait point douter que son bonheur ne répondît aux apparences. Style encore indirect certes, mais jusque-là, le lecteur ne connaît lhéroïne quà travers un discours narratif. Pourtant, des passages essentiels lont déjà mise en scène : son apparition à la cour, le coup de foudre de M. De Clèves, leur rencontre chez le joaillier, son éducation, les ambitions matrimoniales de sa mère, son succès en société. Rien ne semble atteindre la jeune fille, modeste, discrète, humble et soumise. Et si elle prend la parole ici, alors que son avenir est en jeu, cest pour évoquer celui de la dauphine, le sien lui étant indifférent ; toutefois, on peut considérer également que cette rupture du silence fait partie de sa fonction de confidente en accord avec létiquette curiale, une confidente optimiste qui donne de lespoir à sa maîtresse. Quoi quil en soit, dans un discours certes conventionnel, nous entendons enfin lécho de sa voix. Quelques lignes plus loin, le prince de Clèves lui fait laveu de son amour. Là encore, la prise de parole reste indirecte : elle fut véritablement touchée de reconnaissance du procédé du prince de Clèves. Cette reconnaissance donna à ses réponses et à ses paroles un certain air de douceur qui suffisait pour donner de lespérance à un homme aussi éperdument amoureux que létait ce prince. Mme de La Fayette insiste sur son cœur très noble et très bien fait qui la porte à ne pas décourager le prince. Mais le dialogue reste absent, ainsi que ses paroles exactes. Si lauteur use ici de retenue et de sobriété, comme elle en a lhabitude, cest sans doute pour respecter les convenances mais aussi parce quelle procède à la mise en place de ce qui lintéresse véritablement, les cris du cœur, qui paraîtront dautant plus explicites et, pourrait-on dire, scandaleux en regard de cette discrétion initiale. Pour linstant, le cœur indifférent de Mlle de Chartres demeure fermé. Mais nous connaissons les mots quelle emploie dans la conversation avec sa mère, rapportées toujours au style indirect : Mademoiselle de Chartres répondit quelle lui remarquait les mêmes bonnes qualités, quelle lépouserait même avec moins de répugnance quun autre, mais quelle navait aucune inclination particulière pour sa personne. Elle va au mariage comme elle irait au sacrifice ou au couvent, parce quil sinscrit dans les mœurs de lépoque et quelle néprouve aucun sentiment de révolte envers la condition féminine. Enfin apparaît le premier dialogue véritable entre le prince et sa future épouse. Leur nombre relativement restreint témoigne toujours de limportance de lenjeu : il sagit ici de différencier clairement les sentiments des deux protagonistes. Le prince regrette quelle néprouve pour lui qu estime et reconnaissance ; elle réplique par injustice et bienséance ; il invoque son manque de plaisir et de trouble ; elle se défend en alléguant sa rougeur en le voyant, ce à quoi il répond quelle nest pas due à lamour mais à la timidité. Cest vrai, bien entendu, mais ce langage corporel trahit du moins une forme démotion, une esquisse de sentiment : la silencieuse princesse sexprime sans le vouloir M. De Clèves, fin connaisseur du cœur humain, lit en elle comme dans un livre ouvert. Suit une notation importante : Mademoiselle de Chartres ne savait que répondre, et ces distinctions étaient au-dessus de ses connaissances. Mme de La Fayette souligne encore linexpérience de la jeune fille dans le domaine sentimental qui explique son silence, préparant ainsi les longs et multiples monologues intérieurs de Mme de Clèves lorsquelle découvrira lamour en la personne du duc de Nemours. Aimée aussi du chevalier de Guise qui lui confie sa douleur de la voir épouser un autre, elle ne peut que rapporter à sa mère sa pitié et sa peine en une phrase brève faite pour confirmer la noblesse de son cœur, encore une fois dans un discours narratif, accentué par lusage du verbe conter. Elle se confie volontiers à sa mère, nayant nul secret à cacher, ne prenant aucune part aux sentiments des autres. À cette chaste héroïne, daucuns peuvent reprocher son indifférence et sa froideur lisse, ignorants de léruption prochaine mais encore souterraine du volcan. la princesse de clèves rencontre avec le duc de nemours Dautre part, ils se retrouvent unis dans une même complicité, réécrire cette lettre, que le Vidame a récupérée, pour la remettre à la Reine en lui faisant croire quelle était bien de Nemours. Le stratagème ne trompera pas la Reine, qui restera persuadée que la lettre est au Vidame de Chartres et adressée à la Dauphine, à laquelle elle ne pardonna jamais. En revanche, le plaisir que prend la princesse à partager de tels moments avec Nemours loblige à admettre ses sentiments. Roman, récit du Moyen Âge au XXIe parcours, individu, morale, société-Question de grammaire-subordonnées de concession-analyse linéaire syntaxique Selon Du Plaisir ibid, p. 44, le surgissement des nouveaux romans sexplique en partie par le fait quils correspondent mieux au caractère national des Français que les genres littéraires antérieurs :.. Cest depuis peu seulement quon a inventé les nouvelles. Cette dernière espèce est principalement très convenable à lhumeur prompte et vive de notre Nation. Nous haïssons tout ce qui soppose à notre curiosité. la princesse de clèves rencontre avec le duc de nemours Larrivée du Duc se fait de manière assez théâtrale, tout en action. Elle ménage aussi un certain suspense: Elle est dabord auditive puisquon peut lire il se fit un assez grand bruit et que Madame de Clèves refuse de se retourner comme elle dansait avec M. De Guise. La structure grammaticale de la phrase, proposition temporelle avec imparfait, proposition principale avec lemploi dun passé simple, met en scène lévénement, mais il est à noter que cest une fausse alerte, la rencontre na pas encore lieu. Il faut attendre la phrase suivante et la reprise de la même structure grammaticale pour que les deux personnages de trouvent enfin: pendant quelle cherchait des yeux quelquun quelle avait dessein de prendre, le roi lui cria de prendre celui qui arrivait. De plus, en utilisant le verbe crier lauteur insuffle un certain rythme à la narration. Mademoiselle, qui fut la protectrice de Mme de La Fayette. Ce genre importé dItalie et très pratiqué depuis le XVIe l.17 : il était aussi difficile de voir Mme de Clèves pour la première fois sans avoir un grand étonnement Les bons sont innocents et créent la justice. Les méchants sont coupables et cest pour ça quils inventent la pitié Mécomptes de fées De Madame de Clèves avait ouï parler de ce prince à Je ne devine pas si bien que vous pensez.